Nouveau congé parental : ce que les DRH doivent anticiper dès 2026
La réforme annoncée autour du nouveau congé de naissance va imposer aux services RH une anticipation informée et organisée. En tant que responsable ou conseiller RH, je vous décris ici, de manière opérationnelle, ce que la mesure change, ce qu’elle implique pour la paie et le SIRH, et les actions à lancer dès maintenant pour que votre entreprise soit prête à l’arrivée du dispositif.
Synthèse :
Avec un droit de 1 à 2 mois par parent indemnisé 70 % puis 60 %, je vous propose une trajectoire rapide pour préparer SIRH/paie et sécuriser la mise en œuvre à l’entrée en vigueur visée le 1er juillet 2027.
- Mettez à jour les référentiels d’absence : motif « congé de naissance », règles simultané/alterné, cumul avec le congé parental, durées, et procédures de demande/validation.
- Côté paie, créez un code IJSS dédié ; paramétrez 70 % → 60 %, plafond éventuel ~1 800 €/mois et maintien de salaire ; testez DSN et échanges avec les organismes.
- Dans le SIRH, activez workflows d’approbation, alertes d’échéance, pièces justificatives et génération des attestations ; contrôlez l’interface SIRH↔paie.
- Orchestrez la communication : FAQ salariés + brief managers, messages clairs sur droits/démarches, cadence alignée sur le PLFSS et les décrets.
- Pilotez l’impact : veille législative, modélisation budgétaire (absences simultanées, remplacements/intérim) et KPI d’adoption pour ajuster vos dispositifs.
Qu’est-ce que le nouveau congé de naissance prévu pour 2026 ?
Le projet introduit un congé supplémentaire d’une à deux mois par parent à la naissance d’un enfant. Ce congé vient s’ajouter aux droits existants : le congé maternité de 16 semaines et le congé paternité de 28 jours.
Chaque parent pourra poser ses semaines soit simultanément, soit à tour de rôle. Concrètement, une famille pourrait cumuler jusqu’à quatre mois d’absence en complément des congés actuels, selon l’articulation choisie par les parents.
Détails sur l’indemnisation du nouveau congé
L’indemnisation prévue suit un schéma dégressif : 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second mois. Ces taux sont définis dans les simulations budgétaires et figurent dans les textes préparatoires liés au PLFSS 2026.
Par comparaison, le congé parental actuel présente une indemnisation moyenne largement inférieure, d’environ 400 € par mois pour les bénéficiaires. Certains scénarios évoquent un plafond mensuel d’environ 1 800 €, mais le montant définitif pourra être précisé par décret.
Ces différences d’indemnisation constituent un levier pour encourager la prise de congé par les deux parents, car le niveau d’indemnité influence directement la capacité financière à s’absenter.
Pour illustrer rapidement l’écart entre dispositifs et rendre la comparaison exploitable en RH, voici un tableau synthétique.
| Type de congé | Durée possible | Indemnisation indicative | Plafond évoqué |
|---|---|---|---|
| Congé maternité | 16 semaines | Indemnités selon réglementation maladie | Variable |
| Congé paternité | 28 jours | Indemnités maternité/paternité habituelles | Variable |
| Nouveau congé de naissance (par parent) | 1 à 2 mois | 70 % net (mois 1) → 60 % net (mois 2) | ≈ 1 800 €/mois (scénario) |
| Congé parental actuel | Variable selon durée choisie | ≈ 400 €/mois (moyenne observée) | Plafonné selon règles actuelles |
Le congé de naissance et le congé parental existant
Le nouveau congé ne se substitue pas immédiatement au congé parental d’éducation. Le gouvernement a confirmé que ce congé vient en complément du dispositif actuel, au moins pendant une période de transition.
Autrement dit, les structures RH devront gérer la coexistence de deux dispositifs : le congé de naissance avec son régime d’indemnisation spécifique et le congé parental classique, dont les règles restent en vigueur pour l’instant. Cette dualité impose des règles claires de cumul et de coordination au sein des processus internes.
Objectifs de la réforme
La réforme vise à encourager une prise de congé plus équilibrée entre les parents et à réduire l’asymétrie entre hommes et femmes sur les absences postnatales. L’argument principal repose sur un levier financier et d’accès.
Les chiffres actuels montrent un déséquilibre marqué : seulement 1 % des pères prennent un congé parental classique contre 14 % des mères. L’augmentation du niveau d’indemnisation et l’individualisation des droits cherchent à modifier ce déséquilibre.
Pour les RH, cela signifie que la politique interne de parentalité doit être revisitée : politique de retour, maintien des compétences, et appui aux managers pour accepter et organiser des absences plus longues et potentiellement simultanées entre deux parents.
Calendrier de mise en œuvre et anticipation législative
La mesure est inscrite au Projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026 et l’entrée en vigueur est visée pour le 1er juillet 2027, sous réserve d’adoption définitive par le Parlement. Le calendrier peut évoluer lors des débats et amendements.

Je vous recommande de suivre le parcours parlementaire et les décrets d’application. Les étapes à surveiller sont l’adoption définitive du texte, la publication des décrets précisant les modalités d’indemnisation (plafond, conditions) et les instructions de la Caisse nationale pour la mise en paiement des indemnités.
Adaptations nécessaires pour les DRH
La préparation doit couvrir trois dimensions : technique (SIRH et paie), juridique (conformité et gestion des droits) et communication (information des managers et salariés). L’effort doit démarrer dès aujourd’hui pour éviter un effet de précipitation lors de l’entrée en vigueur.
Mise à jour des référentiels d’absence et procédures internes
Les référentiels d’absence doivent intégrer un nouveau motif dédié au congé de naissance, avec des règles de validation spécifiques. Il faut définir les conditions d’ouverture du droit, la durée maximale cumulable et les règles de positionnement (simultané/alterné).
Des procédures claires de traitement des demandes, d’enregistrement et de suivi sont nécessaires pour minimiser les erreurs en paie et pour garantir un traitement uniforme entre sites et managers.
Création d’un code d’absence et d’indemnisation (IJSS)
Il faudra créer un code spécifique dans la paie pour les indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS) liées au congé de naissance. Ce code doit permettre de distinguer ces indemnités des autres prestations maladie ou maternité.
La gestion de ce code implique des paramétrages de paie pour intégrer les taux (70 % / 60 %), les règles de plafond et les mécanismes de maintien de salaire éventuel décidés par l’entreprise. Les échanges avec les organismes payeurs doivent être anticipés.
Ajustement des paramétrages SIRH
Les SIRH doivent être paramétrés pour prendre en compte le nouveau motif d’absence, les règles de cumul avec les autres congés et la durée maximale autorisée. Les interfaces entre SIRH et paie doivent permettre un transfert fiable des informations.
Il faudra également prévoir des alertes et des workflows pour la validation managériale, le suivi des périodes, et la génération automatique des attestations nécessaires au versement des IJSS.
Préparation d’une communication interne
La réussite opérationnelle passe par une communication limpide vers les managers et les salariés. Les messages doivent rappeler les durées, les taux d’indemnisation, les conditions de cumul et les démarches à accomplir pour ouvrir et poser le congé.
Il est utile de prévoir des supports FAQ, des briefs pour managers et des modules courts de formation RH pour traiter les cas particuliers (familles recomposées, parents non salariés, dates d’effet). Une communication progressive, alignée sur les étapes parlementaires et réglementaires, est recommandée.
Conditions de succès du nouveau dispositif
Le succès reposera sur deux éléments majeurs : la simplicité de mise en œuvre et le niveau réel d’indemnisation perçu par les salariés. Si les démarches sont lourdes ou si le complément financier reste faible, l’impact sur les comportements restera limité.
La clarté des règles de cumul, l’accès rapide aux indemnités et la disponibilité d’un accompagnement RH détermineront l’adhésion des salariés. Des retours terrain réguliers, via enquêtes internes ou consultations managers, permettront d’ajuster l’accompagnement et de corriger les points de friction.
Enfin, un pilotage budgétaire précis est nécessaire. Les entreprises devront modéliser les coûts potentiels liés aux absences plus longues et à d’éventuels recrutements ou recours à l’intérim pour couvrir les postes.
En synthèse, cette réforme représente une évolution structurante pour la gestion des ressources humaines. Elle demande une anticipation technique, juridique et organisationnelle : mise à jour des référentiels, paramétrage SIRH, création d’un code IJSS, et stratégie de communication. Agir dès maintenant vous donne la marge de manœuvre pour intégrer la mesure sans rupture opérationnelle.
